Pendant ce temps…

Pendant ce temps, je vais faire le joli à Angoulème, je fais du travail, et entre deux je continue la pâte à modeler parce que ça m’éclate comme quand je peints mais en 3d.

Une photo d’un buste d’homme poisson, d’assez petit format, 5 ou 6 cm de haut, pour lequel j’ai inauguré une nouvelle façon de foirer un moule: la bulle qui vient se coller là où on l’attendait pas (sous le menton, j’ai rien vu venir)

Voilà, et la prochaine fois (bientôt, allez) on parlera de papier, parce que c’est important et c’est en 3d aussi, si on y réfléchit bien.

D’autre part, Tralaland, tome 2, vient de sortir. C’est des aventures qui paraissent tous les mois dans le magazine Dlire, chez Bayard.
C’est pour les petits et les grands et jamais vous ne reverrez un auteur mettre autant d’amour dans des personnages aussi peu malins.

 

Monstres, amour, moulage (part. 3 vite fait)

Voilà, comme le plus gros est fait (voir les parties 1 et 2), quelques photos de comment ça se passe concrètement.
Une petite note vite fait sans dessins, hop hop.


Le truc à mouler est mis dans son petit gobelet sur un petit support.


On coule le silicone liquide qu’on a bien mélangé par dessus et on va se coucher. À ce stade de l’aventure on dirait un grand verre de lait toxique et plus cher.


Le lendemain, on découpe le minimum pour pouvoir sortir la petite sculpture. J’ai coupé sous la base du cou, une endroit qui se voit pas trop, parce qu’il risque d’y avoir une petite “couture” à ce endroit et il faudra que je grattouille un peu pour l’enlever.

Voilà, on a un moule. L’intérieur est mystérieux.
J’avais fait un truc pas trop tordu avec plein de reliefs, pas besoin de faire un moule très compliqué en plusieurs parties et tout est sorti sans problème.

Le support de la sculpture a laissé un petit tunnel pour verser ce qu’on veut là-dedans. Il faut maintenant le remplir.

Pour le remplissage, je n’ai pas pris de la résine mais un truc qui s’appelle “plasticrete”. C’est le milieu entre du plâtre et du plastique. Du plâtre dans lequel on met de l’acrylique à la place de l’eau. Ça a l’avantage d’être non-toxique et de ne rien sentir et d’être plutôt simple d’utilisation et de ne pas couter 1 million de dollars le litre. L’utilisation est plutôt limitée, c’est plus solide que du plâtre mais beaucoup moins que du plastique.

Quand c’est sec, on sort le moulage pareil, tout doucement. Instant magique.


Ploup.

Et voilà


Les petites cornes ont été moulées dans un autre moule plus petit.

 

Monstres, amour, moulage (part. 2)

La partie 1 se trouve ici.

Bon. J’ai rempli un gobelet avec du silicone.

Auparavant, comme je suis un malin, j’ai mesuré la contenance exacte du gobelet en me servant d’eau et bien noté le résultat.

J’ai jeté mon papier, mais dans mon souvenir j’avais très exactement 18 centilitres quand le remplissage touchait le petit trait du haut.

Vous pouvez observer le trait du haut du gobelet sur cette image. Si on vous demande, ça fait 18 centilitres.

Si on suit bien les recommandations sur la boite, un rapide calcul indique qu’il faut mettre là dedans entre 3,6 et 9 millilitres de catalyseur (entre 2% et 5%, souvenez-vous).

Comme c’est plus compliqué de mesurer 3,6 millilitres avec un gobelet, je vais à la pharmacie et j’achète des seringues, et en plus ça coute même pas cher.

J’ai donc rapidement deux trois seringues qui vont me servir à mesurer tous les millilitres que je veux, même les demi-millilitres si j’ai besoin.

À partir de là, tout va aller très vite.

Note: Afin de ne pas trop me casser à dessiner plein de trucs, je serai dessiné sans gants, ni lunettes, ni protections particulières, ni aération suffisante. Il va sans dire que ces cons m’ont tellement refroidi avec leur étiquette flippante que j’ai bien fait attention et je vous recommande d’en faire autant parce que vous ressemblez à rien et du coup ça met une bonne ambiance à la maison et tout le monde rigole bien.

Donc, dosage de catalyseur et mélange.


Mélange. Avant (avec protections), et pendant (dessiné plus vite, en fait)

Une fois bien mélangé, il ne reste plus qu’a calmement verser tout ça autour de votre jolie sculpture.
Vous aurez auparavant badigeonné de silicone au pinceau la surface pour éviter les bulles dans les petits recoins.


La sculpture est dans la boite en carton. Vous versez calmement.

À partir de là, ça va carrément moins vite parce qu’il faut attendre un nombre incroyable d’heures pour que ça se solidifie.


Si le silicone est resté chiant comme au début, c’est raté.

C’est raté.

Que s’est-il passé ?

Il se trouve que si vous lisez le mode d’emploi, vous voyez à peu près ceci:

Il fallait lire ceci:


C’est pas un yaourt nature.

Il ne reste plus qu’a sortir la sculpture de son bain gluant de putain de silicone à moitié pris, qui colle, fait des fils et on en met partout et tout colle et glisse en même temps et il faut tout nettoyer avec du white spirit qui pue.

Une fois tout bien repropre, on peut remettre ça en jurant ses grands dieux qu’on va faire bien attention en versant bien le silicone sans en mettre partout cette fois-ci et on va bien mélanger.

 

Monstres, amour, moulage (part. 1)

La dernière fois, nous nous étions arrêtés à: “Je sais pas du tout où je vais, c’est super.”

C’était vrai et nous allons aborder le moulage avec du silicone, sujet auquel je ne connais rien mais dont je vais vous entretenir malgré tout.

Le moulage.

Mettons que vous avez fabriqué un beau buste d’Apollon en pâte à modeler et vous voulez avoir la possibilité de le reproduire.

En gros, comment ça se passe ?

Petit un: Vous prenez votre beau buste d’Apollon, vous lui versez du silicone dessus.


1- Buste d’Apollon, 2- Buste d’Apollon sous une coulée de silicone.

Petit deux: Vous attendez que ça sèche et vous démoulez.


1- Moule en train de secher. 2- Démoulage.

Et voilà, grâce à votre moule, vous pouvez reproduire autant de copies que vous voulez et en faire plein de trucs.

Voilà. Vu comme ça, c’est pas bien sorcier. En vrai c’est un poil plus compliqué mais en fait pas tellement.

Concrètement, parce qu’on a déjà fabriqué un petit modèle à reproduire, il nous faut du silicone.

Ça s’achète en deux parties: La partie A est le silicone sous forme molle, et la partie B est le catalyseur. Quand on les mélange, le catalyseur donne au silicone sa consistance caoutchouteuse.

Vous achetez donc ça: La partie A et la partie B.


Le silicone du commerce (vous allez mourir).

Le catalyseur a une étiquette de mise en garde plus grosse que le flacon.
Apparemment il ne faut pas en boire, ni s’en mettre dans les yeux, ni sur la peau, ni sentir si ça pue ou pas, ni ouvrir la bouteille, ni la regarder.
Sinon on est mort ou on a des séquelles irréversibles.

A part ça, le mode d’emploi est simple. Vous prenez une certaine quantité de silicone (A) et vous y versez de 2 à 5% de catalyseur létal (B).
Vous mélangez, vous faites votre moule, et si vous êtes encore en vie vous fabriquez 850 boucles d’oreilles ou ce que vous voulez.

Je vous propose de jouer la sécurité et de commencer par la partie A.

Le silicone dans sa boite est une matière qui a la particularité d’être bien chiante.
Dans un monde idéal, il y aurait une étiquette de mise en garde longue comme le bras aussi sur la partie A.

Pour vous donner une idée de la consistance du truc, imaginez une matière qui aurait tous les défauts du miel, ce petit quelque chose en plus qui fait que la bouteille est systématiquement collante, mais qui aurait aussi tous les défauts de la fondue savoyarde.


Le silicone.

Ajoutez à ça une particularité étonnante qui défie les lois de la physique plus que le miel et la fondue réunis.


Si c’était hyper dangereux, je serais MORT.

Voilà, c’est bien parti. La prochaine fois on met du catalyseur là dedans et on touille.