Monstres, amour, moulage (part. 2)

La partie 1 se trouve ici.

Bon. J’ai rempli un gobelet avec du silicone.

Auparavant, comme je suis un malin, j’ai mesuré la contenance exacte du gobelet en me servant d’eau et bien noté le résultat.

J’ai jeté mon papier, mais dans mon souvenir j’avais très exactement 18 centilitres quand le remplissage touchait le petit trait du haut.

Vous pouvez observer le trait du haut du gobelet sur cette image. Si on vous demande, ça fait 18 centilitres.

Si on suit bien les recommandations sur la boite, un rapide calcul indique qu’il faut mettre là dedans entre 3,6 et 9 millilitres de catalyseur (entre 2% et 5%, souvenez-vous).

Comme c’est plus compliqué de mesurer 3,6 millilitres avec un gobelet, je vais à la pharmacie et j’achète des seringues, et en plus ça coute même pas cher.

J’ai donc rapidement deux trois seringues qui vont me servir à mesurer tous les millilitres que je veux, même les demi-millilitres si j’ai besoin.

À partir de là, tout va aller très vite.

Note: Afin de ne pas trop me casser à dessiner plein de trucs, je serai dessiné sans gants, ni lunettes, ni protections particulières, ni aération suffisante. Il va sans dire que ces cons m’ont tellement refroidi avec leur étiquette flippante que j’ai bien fait attention et je vous recommande d’en faire autant parce que vous ressemblez à rien et du coup ça met une bonne ambiance à la maison et tout le monde rigole bien.

Donc, dosage de catalyseur et mélange.


Mélange. Avant (avec protections), et pendant (dessiné plus vite, en fait)

Une fois bien mélangé, il ne reste plus qu’a calmement verser tout ça autour de votre jolie sculpture.
Vous aurez auparavant badigeonné de silicone au pinceau la surface pour éviter les bulles dans les petits recoins.


La sculpture est dans la boite en carton. Vous versez calmement.

À partir de là, ça va carrément moins vite parce qu’il faut attendre un nombre incroyable d’heures pour que ça se solidifie.


Si le silicone est resté chiant comme au début, c’est raté.

C’est raté.

Que s’est-il passé ?

Il se trouve que si vous lisez le mode d’emploi, vous voyez à peu près ceci:

Il fallait lire ceci:


C’est pas un yaourt nature.

Il ne reste plus qu’a sortir la sculpture de son bain gluant de putain de silicone à moitié pris, qui colle, fait des fils et on en met partout et tout colle et glisse en même temps et il faut tout nettoyer avec du white spirit qui pue.

Une fois tout bien repropre, on peut remettre ça en jurant ses grands dieux qu’on va faire bien attention en versant bien le silicone sans en mettre partout cette fois-ci et on va bien mélanger.

 
  1.  

    ahah ! toujours aussi super !

  2.  

    Ton blog me fait bien marrer ! C’est vraiment drôle et me rappele bien des souvenir, avec les mêmes erreurs et tout et tout ! Avec Vince nous avions fait ça sur une sculpture de la tête du Dobermann pour le générique du film… Mais version 60x60cm ! … avec des trous involontaires dans les murets qui devaient retenir les 5kg de silicone … on a bien moulé le carrelage au final !!!

  3.  

    Hahaha , c’est trop ça, sauf des fois y a qu’une partie du silicone qui rate ce qui fait qu’on se retrouve avec un moule utilisable mais poisseux et chiant à manipuler. au passage je mettais également un masque a gaz avec filtre anti produit toxiques.
    Sinon il existe en fait des silicones moins chiant, pas toxiques (puisque utilisable pour se mouler soit même) mais plus cher.

  4.  

    Tiens je vais rajouter des infos utiles :

    Pour éviter les bulles, on peut aussi techniquement mettre le tout dans une “cloche à vide” et aspirer l’air avec une machine pour faire le vide. Par contre, ça coûte très cher.

    Et pour le mélange, certaines personnes le font avec un embout mélangeur pour la peinture, qu’on met au bout d’une perceuse. Par contre ce n’est valable que quand on a un volume de résine suffisant pour faire entrer l’embout dans le pot.

  5.  

    Perso pour éviter les bulles, je mets carrément plus d’additif catalyseur, comme 7% par exemple, ou 8%, j’ai peur de rien. Comme je le précisais dans un commentaire hier, ça liquéfie bien le tout (qu’on doit effectivement mélanger intensément d’abord), et ça évite donc les bulles. Puis on verse. Et là, contrairement à l’expérience de Libon, ça prend vite. Vous êtes encore en train de faire couler le truc que ça commence à prendre, vous voyez le produit s’épaissir.

    Ensuite, pour que ça prenne réellement, définitivement, on le foutait une demi heure dans un four préchauffé à 150°C, et c’était bon.

    Le durcissement du silicone suit une fonction inverse, plus c’est chaud, plus ça cuit vite, avec une très forte diminution du temps avec l’augmentation de la température, disons entre 20 et 150°C, au delà, le gain de temps devient minime.

  6.  

    Sinon pour ne pas te faire chier avec le silicone tu peux utiliser de l’alginate, c’est une espèce de poudre d’algue que tu mélange à de l’eau il me semble. ça a l’avantage de ne pas être toxique, tu peux mouler ta main sans problème par contre c’est plus fragile que la silicone: ça se déforme plus facilement et sa vieillie mal.

  7.  

    [...] comme le plus gros est fait (voir les parties 1 et 2), quelques photos de comment ça se passe concrètement. Une petite note vite fait sans dessins, [...]